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13 Décembre 2006:

Débat autour du Mémorial
Auschwitz: un musée?

Piotr Cywynski n´est directeur du Mémorial d’Auschwitz-Birkenau que depuis que quelques mois. Pourtant en annonçant sa volonté de moderniser le concept de l´exposition centrale, il vient de déclencher un débat houleux. Ce sont surtout les rescapés de l’holocauste et d´anciens détenus du camp qui réagissent violemment. Pour eux, Auschwitz ne doit en aucun cas devenir un lieu s´orientant vers lesnouveaux concepts d´un musée moderne. Le lieu historique doit prévaloir, exigent des rescapés israëliens.

« Il s´agit de l´exposition sur l´holocauste la plus ancienne du monde »se défend Cywinski, «  Il est vraiment temps d´y apporter des modifications». Il est vrai que la représentation transmise de l´extermination systématique des Juifs d´Europe a pris un caractère un tantinet désuet : sur les murs, affiches et sobres photographies en noir et blanc, des explications minimalistes en polonais et en anglais – à l´ère des techniques de représentations multimédia, le concept parait dépassé.

Cependant, le visiteur qui arrive à auschwitz, ne vient pas, en première ligne, dans un musée, mais arrive « au point le plus bas de l´histoire de l´humanité », répondent les anciens détenus. Celui qui a vu une fois les témoins muets de l´extermination, exposés dans une des baraque du camp, les montagnes de cheveux, de lunettes, de chaussures, de valises de plus d´un million d´êtres humains exterminés là par les nazis, n´oubliera jamais ces impressions. Celui qui s´est tenu à la rampe de Birkenau, le réel camp d´extermination, prend conscience des dimensions du camp, du contraste irréel entre les immenses étendues d´herbe si anodines où se trouvaient les barraquements des détenus et les particules grises des ossements humains qui aujourd´hui encore sont visibles dans la terre.

« La plus grande force de ce musée, c’est son authenticité » revendique Noach Flug, ancien détenu d’Auschwitz et président du Comité international d’Auschwitz. « Il est important pour nous que ce lieu reste comme il était en 1945 – avec les chambres à gaz, les fours crématoires, les douches, les baraquements. » Cependant , les membres du Comité international d’Auschwitz acceptent le fait que certaines choses doivent être modifiées.

« Ce sont surtout les restes du concept communiste de l´exposition » souligne Flug. Dans la pologne communiste, il était primordial de mettre l´accent sur les souffrances du peuple polonais et du combat de la résistance communiste. L´holocauste dans toute son ampleur a été négligé. Les nazis ont exterminé plus de 6 millions de juifs.

Qu´il faille faire quelques changements, mais avec précaution, c´est aussi l´avis de Christoph Heubner, également membre du comité directeur du CIA. A l´instar de la France, de la Hongrie et d´autres états qui ont retravaillé avec succès leur pavillon, témoignant les souffrances de leurs citoyens à Auschwitz, alors que l´exposition centrale stagne. Viennent s´ajouter les demandes de pays comme la Slovaquie et les pays Baltes, qui à leur tour « veulent aussi apporter une contribution ».

Le comité international d´Auschwitz a donc en principe accepté le changement. Mais la nouvelle conception devra se faire en accord avec les rescapés. Encore une chose est essentielle pour Noach Flug: « Des entretiens-vidéos doivent être réalisés avec nous, les rescapés , pour que notre histoire et nos témoignages restent quand nous ne serons plus là. »

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